PIPO MAGAZINE

          Pipo mag


Je vais vous parler un peu de ce magazine, des gens qui m'ont soutenus, surtout Déo, Gil, Serge, Pap.  Vous savez ce magazine n'est pas le  premier dans lequel j'ai travaillé, j'avais travaillé pour un magazine dont je ne me rappelle plus du nom, un magazine qui a cru que je pouvais me laisser avoir facilement vu ma tronche de sainte, une jeune femme calme. Le jour où j'avais mis pied dans le bureau du rédacteur en chef, j'ai été étonné de voir qu'il a du mal à parler pourtant c'est un poste qui demande beaucoup de courage, quand il s'agit de parler, surtout pour la communication. Il m'a demandé si je suis marié, étonnant non? Marié, alors que je cherche du boulot et la première des choses qu'on trouve à me demander c'est si je suis mariée comme si cela a de l'importance. Il m'a parlé pendant une demi heure de ma sollitude et du faite que je n'ai pas de petite ami, ensuite il a entamé avec un certain de ses collègues qui dessine bien, de sa vie à lui, comme si je suis chez un psychologue.

Je parcourais en ce moment là une distance incroyable pour venir livrer mon travail, pourtant ces patrons n'ont jamais pensé à me payer comme un caricaturiste, une dessinatrice qui a le droit comme tous ces employés, je n'avais pas d'ordinateur , ni des couleurs et papiers qu'il faut pour livrer un travail aussi beau comme ceux qui le livrent avec plein de joie parce que les dessins sont faits avec des couleurs, le mien est toujours en blanc  noir.

 

A vrai dire je n'étais pas content de mes travaux, je voulais qu'on me paye afin d'obtenir plus de matériaux pour le travail demandé. Hélas ce n'est pas le cas, parfois je marche pour venir, alors que ma maison est à 9 kilomètres de la rédaction, je faisais ce chemin tous les jours, une fois ma mère m'a dit: Tu n'es pas obligé de te faire exploiter tu sais, tu peux bien te débrouiller toute seule mais si ces enfoirés veulent te dire que tu ne vaut rien, laisse moi leur dire un mot! Lorsque ma mère commence à dire des gros mots c'est qu'elle est vraiment énervé, elle se voit à ma place et elle se dit qu'elle ne peut pas rester là à me voir continuer comme ça. J'aimais tellement mon travail,   ma mère savait , j'ai toujours réussi dans les autres domaines comme la coiffure, la sculpture, serveuse, mais ce que mon coeur voulait c'est cette vie de caricaturiste, qui passe un message à travers ses dessins, c'est cette liberté de dire les choses autrement, avec humour et vérité. A part ma mère et mon frère, aucun membre de notre famille n'aimait vraiment mon travail. Lorsque  je dois toucher 10.000fcfa, la somme de 13euro si ma mémoire est bonne et que je ne me trompe pas sur les calculs, c'est ce jour où j'ai dis  ce que je pensais, avant je n'osais pas , alors j'ai dis au rédacteur que  j'ai comme l'impression quils  se foutent de moi depuis le début.

  Avec tout ça on ose accuser les blancs d'être des esclavagistes. Quand nous même entre nous noirs, frères soit disant on passe notre temps à se servir des autres, sont-ils vraiment eux qui nous traitent comme des esclaves ou c'est nous mêmes qui sont des monstres. Chez nous au pays tu ne peux pas dire à quelqu'un que tu n'as rien, surtout quand tu es une fille, ils te diront: tu te foues de nous ou quoi? T'es une femme alors réfléchis, ce qui signifie que tu peux bien en avoir sans effort.Jene voulais pas que les gens me raconte cette salade, alors je souffrais seule, dans le silence, le ventre vide, le coeur attaché au dessins, la seule chose qui me reste. Et oui ce n'est pas comme en france ou l'avenir de beaucoup d'enfant sont tracés depuis qu'ils sont dans le sein de leur mère. Ici la vie est dure, nous avons des parents mais nous vivons comme des orphelins, aucune loi ne donne la raison à nous les enfants, pour notre sécurité. 

     

Puis les jours passent et j'ai réussi à avoir le minimum. Et un matin, j'ai rencontré un directeur de publication que j'ai rencontré à une exposition de dessin, c'est là que les choses ont commencées à changer pour moi, Pipo mgazine est le second avec qui j'ai travaillé, pourtant d'autres voulaient que je travaille avec eux, mais je voulais garder celui ci , pour une simple raison, la rencontre de Gil et Déo Daona, des dessinateurs vraiment doués qui aiment leur travail comme moi. Déo était souvent doué pour tout ceux qui est des blagues et humours, tout le monde le sait , même pendant nos simples discussions il inventait en même temps des scénarios pour le numero prochain.On était que trois à la rédaction, moi, Gil et Déo, les caricaturistes de pipo mag, notre journée est souvent remplie de blague mais de travail, on travaillait vraiment dur, et le directeur croyait en nous. Nous avions eu des difficultés durant ces mois, manque de matériaux mais mieux qu'avec le premier chez qui j'ai travaillé, malgré tout on se serrait les coudes, car on croyait en notre talent.  On est passé plusieurs fois à la télé, moi plus que les autres, car je suis la seule fille.

 

 Nous avions presque la même histoire de vie, et on se comprend très bien, on travaille ensemble, on dîne ensemble,  mais le jour où je suis partie, tout à changé, même bien avant mon départ, les choses n'allait pas mieux. Et vous devez devinez pourquoi, mais malgré tout nous sommes restés les meilleurs amis du monde, même de loin ils me manquent beaucoup, ce que je voulais dire c'est que même si nous avions eu des soucis, nous étions bien à trois lorqu'il s'agit de dessiner, ils me surnommaient tous, LA MACHINE, car en dessin, je vais plus vite, et le travail rendu est toujours bien fait, nous étions des TRIOS comme l'a dit Serge Azianlé. Ce petit discours est pour eux, mes chers amis, je vous aime.

 

 

M.

 

 

 

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